الخميس، سبتمبر 24، 2009

Quelques limites dans la consultation du microfilm monochrome

Cette analyse mets l'accent sur la non visualisation de certains détails, peut être peu importants dans une certaine catégorie d'archives mais qui sont très significatifs notamment dans le domaine de l'image et l'analyse du contenu visuel.
La presse est souvent conservée dans les bibliothèques françaises sous la forme de microfilms, bandes en bobines qui se consultent par projection sur un écran. Pour celui ou celle qui travaille sur les images – et la presse regorge d’images –, l’expérience relève du jeu de piste et s’avère épique tant la quantité d’informations qui se perdent est grande ; et plus encore quand il s’agit du traitement visuel d’une information.
Souvent médiocre, surtout après plusieurs (années de) consultation et de visionnage, la qualité des microfilms doit de plus supporter un éclairage en général imparfait. Zones d’ombre, poussières, rayures, éléments effacés, manque de lisibilité… génèrent une première perte d’informations des images de la presse consultée sous forme de microfilms.
De plus, les microfilms sont noir et blanc, dichromatiques du moins. Leur consultation ne permet pas de savoir si les photographies étaient publiées dans la maquette d’origine en noir et blanc ou en couleur.
Le choix de photographies couleur ou noir et blanc dans une maquette n’est pourtant pas sans signification. Une photographie peut fonctionner en couleur et n’avoir plus aucun intérêt en noir et blanc. La couleur est une information visuelle en soi et au-delà d’une perte d’informations visuelles, il s’agit aussi d’une perte de sens que de ne pas y avoir accès.
Ce drapeau qui flotte au-dessus de la Sorbonne, quel est-il ? sa couleur ?
Ou encore, comment repérer que le magazine construit de façon systématique sa Une en couleur comme c’est le cas de l’Express en 1968, par exemple (cf. premières illustrations) en les consultant sous forme de microfilms ? Ou repérer certains usages des images comme dans cette
Une du n°1000 de Paris Match, dernier numéro du printemps 1968 à consacrer un long reportage aux évènements du mois de mai dans laquelle il est possible d’en voir une métaphore ?
En couleurs, cette couverture peut renvoyer visuellement aux évènements de Mai 68 : le rouge du ciré de la naufragée, repris en mains par les couleurs bleu et blanc du drapeau qui flotte derrière elle comme métaphore de la jeunesse au drapeau rouge, vaincue aux dernières élections législatives qui ont reconfirmé le Général De Gaulle dans ses fonctions. Les microfilms ne permettent pas de repérer le choix d’une telle image.
Ils rendent, par ailleurs, difficile la délimitation des pages, les bords des photographies n’étant pas toujours bien lisibles.
Cette photographie de la manifestation unitaire du 13 mai 1968 – couleur ? noir et blanc ? – est-elle publiée à bords perdus ? quelles sont ses dimensions dans la page ? Est-elle mise en rapport avec d’autres photographies ? sa légende, assez difficile à déchiffrer, quelle est–elle ? Car il n’est pas possible de consulter les doubles pages (qu’elles soient horizontales ou verticales) et partant difficile d’en mesurer l’impact. Les dimensions de l’écran de projection ne le permettent pas.
En effet, les dimensions de l’écran de consultation sont fixes alors que les dimensions des pages des différents magazines, revues ou journaux ne le sont pas. Ces conditions de consultation fixes pour des objets variables génère une uniformisation des objets qui n’est pas la leur et ne correspond ni à leur matérialité ni à leur usage. Ils créent une uniformisation des formes qui ne restitue pas la matérialité réelle de la presse : journaux de différentes tailles, qualités de papier diverses, pages en couleur et pages en noir et blanc, images en couleur ou en noir et blanc… Et la forme microfilms interdit évidemment toute manipulation physique des objets originaux.
Impossible de feuilleter les pages comme il est pourtant d’usage lorsqu’on lit la presse, ni de se rendre compte de la qualité du papier ou d’observer les séquences, la continuité des sujets traités… de mesurer la construction du magazine et sa maquettes alors même que celle-ci (le chemin de fer, lorsqu’elle est en cours d’élaboration) est conçue en fonction de l’usage qui en sera fait : à savoir une lecture par feuilletage. Autrement dit, impossible de comprendre comment est construit un journal ou un magazine ni d’en percevoir les impératifs techniques.
De même, est-il difficile de se rendre compte d’éventuelles ruptures dans la pagination lorsque défilent les pages sur un écran de microfilms, à moins de connaitre la publication originale et de savoir ce qu’on cherche. Ce qui n’est en général précisément pas le cas quand on consulte des documents en bibliothèque. Il peut arriver qu’un reportage entier manque comme dans cet exemple de microfilms du n°999 de Paris Match dans lesquels tout le reportage sur Mai 68 n’apparait pas.
Pas plus qu’il n’existe de transparence du médium photographique, il n’existe de transparence matérielle des microfilms. On pourrait même aller jusqu’à parler de l’opacité des microfilms tant se perdent les informations quant au traitement visuel d’un évènement par ce procédé de conservation, qui semble tenir les images pour quantité négligeable dans la perception et la transmission d’une information, d’un évènement ou d’une actualité. Alors même que la presse s’appuie toujours davantage sur les images, et en revendique l’importance, ce système de conservation par microfilms relève d’une complète contradiction car il ampute l’objet qu’il s’agit de conserver d’une de ses plus importante composante : les images.

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